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Le MoDem et l’UDI à l’unisson ?

 

Ces jours-ci, les commentaires vont bon train sur le rapprochement MoDem – UDI. Journalistes ou internautes présentent le dialogue entre François Bayrou et Jean-Louis Borloo comme étant le ralliement du premier au second. En substance, leur message est le suivant : Le Président du MoDem, déçu de n’avoir pas obtenu de François Hollande ce qu’il en attendait en appelant à voter pour lui au second tour de la présidentielle, signe évident de son inclusion à la gauche, réintègre le centre droit. Certains commentateurs professionnels ou « amateurs » vont jusqu’à dire que le MoDem est en passe de devenir une nouvelle composante de l’UDI, l’union étant réalisé au niveau des leaders des deux partis.

Par ailleurs, il est des militants du MoDem qui s’inquiètent de ce qu’ils entendent ou lisent au sujet de ce rapprochement. Partant du constat que pour un grand nombre de Français l’intérêt et le crédit que suscitent François Bayrou et le MoDem tiennent au fait que ceux-ci sont indépendants, et surtout ne se livrent pas au jeu de la politique politicienne, ils redoutent que cette spécificité identitaire soit galvaudée par des accords avec l’UDI qui, à l’inverse, est perçue comme ayant pour raison d’être essentielle la participation à des manœuvres électoralistes, et cela selon l’orientation intangible que l’on sait. Pour eux, une union avec l’UDI n’apporterait rien de positif au MoDem (au contraire) et ne permettrait même pas d’assurer des gains électoraux. Lesquels peuvent, en effet, être réalisés, notamment au niveau des municipales, par des partenariats locaux établis sans exclusive d’étiquette politique avec des porteurs de projets crédibles.

Qu’en est-il réellement du revirement de François Bayrou vis à vis de Jean-Louis Borloo et autres « centristes », de son louvoiement entre la gauche et la droite dans l’espoir de succès électoraux, de son inconstance en matière d’orientation politique ? Que dire à ceux qui dénoncent sa versatilité (souvent les mêmes, d’ailleurs, qui en d’autres circonstances critiquent son obstination à poursuivre son chemin envers et contre tout… ) ? S’il existe actuellement en France un homme politique qui ne varie pas dans ses objectifs et dans le choix de la voie à suivre pour les atteindre, c’est bien François Bayrou ! Il a toujours pensé que c’est à partir du centre, loin donc des idéologies réductrices de droite et de gauche, que peut se bâtir la démocratie française pour le bien du pays et des Français. C’est pourquoi, quelque soit le parti dans lequel il a œuvré, il a toujours souhaité constituer un rassemblement de tous ceux qui sont animés par cette idée que le centre est la force politique qui doit être première, et a constamment travaillé en ce sens, en dépit des difficultés que les institutions opposent à cette entreprise. Nous sommes bien placés pour le savoir…

Quelques rappels, certains cruels, s’imposent ici. C’est bien Jean-Louis Borloo qui, au moment de la constitution de l’UMP en 2002, accompagné par les radicaux et certains UDF, a tourné le dos à François Bayrou. Et non l’inverse. Est-ce par déception de leur parcours conjoint avec l’UMP qu’ils sont prêts aujourd’hui à trouver François Bayrou et le MoDem fréquentables ? Hervé Morin est-il amnésique pour continuer à dire que François Bayrou a appelé à voter Hollande, et par là s’est rangé dans le camp socialiste, alors qu’il a amplement exposé les raisons l’ayant amené à la décision de voter pour l’actuel président malgré ses réserves sur le programme de ce dernier ? Où et quand François Bayrou a-t-il incité qui que ce soit à le suivre dans sa résolution ? Cette continuité dans le discours du « leader » du NC ne relève-t-elle pas plutôt de la plus totale mauvaise foi ayant à justifier à posteriori son piteux lâchage en 2007 et son refus de faire siennes les critiques de François Bayrou envers Nicolas Sarkozy à propos de morale politique ? N’est-ce pas Jean Arthuis qui a fait capoter entre les deux tours de la présidentielle de 2012 « le Centre pour la France », ébauche d’un rassemblement des centristes ?

A l’instar de François Bayrou, jetons un voile sur tout ceci. On voit de quel côté il y a revirement… et recentrage. Ce qui compte, aujourd’hui, c’est de créer les conditions d’un rassemblement de tous ceux qui se réclament du centre. Les pourparlers (rien n’est encore abouti) avec tous ceux-ci, dès lors qu’ils sont sincères et jouent franc-jeu peuvent constituer l’amorce d’une démarche au long cours pour définir un projet commun de société, et pas seulement un arrangement en vue des élections de 2014. Mieux que quiconque, François Bayrou lui-même peut indiquer dans quel état d’esprit il a entrepris ces pourparlers. II y a un an, il écrivait : « La condition de l’unité, que nous acceptons par avance, et que nous demandons pour nous-mêmes, c’est que chacun soit respecté dans son parcours, dans sa liberté de jugement, et que toutes les sensibilités y trouvent leur place ».

A Guidel, à l’occasion de l’université de rentrée, se tiendra une réunion du conseil national ayant à son ordre du jour un débat sur ce sujet qui sera repris avec tous les militants.

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