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François Bayrou face aux médias le 19 août

 

Le journal La Croix du 19 août a publié un large entretien avec le président du MoDem. Ce même jour, il était l’invité de Bruno Duvic sur France Inter. La plupart des hebdomadaires ont fait sur leur site écho à ses propos. Quant à nous, nous retenons de ces différentes sources les prises de position de François Bayrou qui explicitent et singularisent sa pensée politique et qui  constituent la ligne directrice du MoDem.

  – La résolution de la crise.

    « Le travail de reconstruction nécessaire pour notre pays n’est pas fait ! La France est paralysée par des lourdeurs et des blocages qui   viennent de loin et se sont renforcés au long des dix dernières années. Mais ils n’ont été en rien corrigés ces derniers mois, et même parfois pas identifiés. »

« l’idée qui prédomine, c’est que les choses vont s’arranger d’elles-mêmes. Ceux qui le croient se trompent. »

. A propos du séminaire gouvernemental sur le thème « La France en 2025 » :

« on rêve éveillés : C’est fait pour ceux qui aiment rêver, sans ancrage dans la réalité. »

Avant cette réflexion prospective, il faut « identifier clairement quels sont les problèmes qui nous empêchent d’aller bien en 2013. »

La vie politique nationale.

. A propos de la volonté de recherche de rassemblement des centres :

« … c’est toute la politique nationale qui attend une offre politique nouvelle. Le PS et l’UMP, sous leur forme actuelle, sont deux appareils très puissants… Mais cela crève les yeux, ils n’ont plus à eux seuls les clés pour sortir de notre crise nationale… Pour cette offre nouvelle, le centre a une responsabilité particulière. Il est le seul point de départ possible, en dehors des extrêmes, pour la rénovation de la vie politique nationale. »

. A propos d’un gouvernement « d’union nationale » :

« L’esprit partisan, l’idée que chacun est dans son camp et que les camps sont en guerre entre eux, bloque tout et empêche les réformistes d’agir ensemble. Il sera donc nécessaire un jour ou l’autre de penser différemment la vie politique et institutionnelle. »

. Au sujet de la réforme territoriale, F. Bayrou invité d’énoncer des chantiers en friche :

« L’État en France n’est pas efficace, est auto-bloquant, coûte très cher… On a une action publique, notamment au travers des collectivités locales, dont tout le monde voit bien que c’est un labyrinthe incompréhensible. Et qu’est-ce qu’on fait ? On ajoute des couches, des couches d’élus, des couches de fonction publique qui coûtent très cher pour un résultat très faible. »

Les élections municipales.

Interrogé par un auditeur de France Inter sur le fait que le MoDem se dise « ni de droite – ni de gauche », tout en formant des alliances locales variables d’une cité à une autre, François Bayrou a résumé ce qu’est la politique du MoDem en matière d’élections municipales :

« Nous faisons ce que nous estimons bon de faire, c’est notre liberté. Quand il y a des responsables politiques ou des maires de grandes villes qui font une bonne politique, même avec une autre étiquette que la nôtre, nous les soutenons ou nous sommes capables de parler avec eux. »

Après avoir établi un parallèle entre Gérard Collomb à Lyon et Alain Juppé à Bordeaux, il devait ajouter : « Chaque fois qu’une politique sérieuse, entreprenante, dynamique, juste pour une ville est conduite, alors je m’intéresse à ceux qui la conduisent. »

L’Europe.

Pour les élections européennes, l’enjeu est crucial… Cette idée [la construction de l’Europe] est aujourd’hui en péril en raison de la paralysie et du labyrinthe de l’Union. On la refondera, ou elle s’écroulera… C’est le moment où il faut de l’enthousiasme, de la lucidité et de l’imagination. Le PS et l’UMP sont divisés sur cette question et seront forcément mi-chèvre mi-chou. Cela impose donc que les Européens de conviction mettent leurs idées au clair, acceptent de dialoguer et se rapprochent pour refonder ce combat.

Le chômage.

« Cette inversion [la courbe du chômage] n’aura de sens que le jour où la France créera de véritables emplois soutenus par une véritable demande de l’économie et de la société. Les emplois artificiels financés par des fonds publics ne sont qu’un palliatif. La réforme nécessaire à la recréation d’emplois sera un travail de fond, soutenu par une vision, ou elle ne sera pas. »

La réforme des retraites.

« Le véritable équilibre des retraites… ne viendra que d’une réforme en profondeur. Cela passe, comme dans de nombreux pays, par un système par points, universel, qui remplacerait les innombrables régimes particuliers, souple pour les salariés et prenant en compte la pénibilité de l’emploi. Il y a dix ans, cette idée était très minoritaire. Aujourd’hui, elle convainc tous les jours davantage, y compris du côté de la CFDT ; »

 

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