plume
 

Dans les médias : du 6 au 16 juin

 De « l’utilité » de François Bayrou !…

 

Que des personnes aussi différentes quant à leur fonction, leur rôle et engagement politiques, Jean-Jacques Aillagon, ancien ministre de Jacques Chirac ayant soutenu François Hollande lors de l’élection présidentielle, Nicolas Domenach et Maurice Szafran, journalistes, et Daniel Cohn-Bendit, un ancien et offensif contradicteur de François Bayrou au cours d’un débat télévisé resté célèbre, soulignent le regrettable manque pour le pays que serait l’absence de ce dernier à l’Assemblée nationale, voilà qui mérite d’être considéré par tous, sympathisants comme détracteurs, à commencer, naturellement, par ceux qui se réclament du centre, d’un centre indépendant refusant la bipolarisation de la vie politique et qui aspirent à un renouvellement de celle-ci et de la démocratie à la française…

+ Libération – 7 juin : Interview de Jean-Jacques Aillagon, ancien ministre

« Je sais bien qu’on n’attend pas des électeurs qu’ils se fassent stratèges ni qu’ils se livrent aux complexes conjectures qui font Ie délice des commentateurs politiques. Leur choix ne doit qu’exprimer leur conviction, la sincérité qui l’anime, mais aussi l’idée qu’ils se font de l’intérêt général. C’est ainsi, d’ailleurs, qu’il est arrivé à des électeurs de sortir du jeu parlementaire des personnalités aussi éminentes que Martine Aubry, en 2002, et Alain Juppé, en 2007. L’intérêt général ne voudrait-il cependant pas que François Bayrou retrouve son siège à l’Assemblée nationale ? »

 « … il appartient aux seuls électeurs de ladite 2e circonscription, par un acte collectif qui transcende les raisons ordinaires, de faire en sorte que la représentation de la Nation que forment, en corps, les députés, ne soit pas privée de la présence d’un homme qui, au premier tour de l’élection présidentielle, a rassemblé 3 275 349 voix et en avait fédéré plus de 6 millions en 2007.

L’éloignement du Parlement de François Bayrou serait, à tous égards, une chose regrettable. Elle priverait l’Assemblée d’une personnalité peu commune, représentative d‘un vrai courant de la vie politique de notre pays. Elle affaiblirait le possible processus de reconstitution d’un Centre, européen et humaniste, non affidé systématiquement, à l‘un ou à l’autre des deux partis dominants. Elle mettrait le doigt, comme si besoin était encore, sur les insuffisances de l’actuelle loi électorale qui présente l’inconvénient conjoint de ne pas assurer sûrement à un président de la République nouvellement élu la majorité solide dont il a besoin pour conduire son action, tout en excluant, de toute représentation significative des forces politiques qui, pourtant, devraient contribuer positivement au débat démocratique ».

 + Marianne – 9 au 15 juin : Editorial « Entre vous et nous » de Nicolas Domenach et Maurice Szafran.

« …demain, il nous faudra faire face pour commencer à sortir de la crise. Si les socialistes se ferment encore plus qu’ils le sont, ils sont alors sûrs de courir à leur perte, et de nous entraîner à leur suite. Il leur appartient donc, d’abord à eux, de réfléchir au sens que prendrait l’exclusion d’une telle personnalité (François Bayrou) de l’Assemblée nationale. Cette démonstration de sectarisme primaire aurait un impact dramatique sinon sur l’opinion, au moins sur tous ces responsables politiques qui devront venir plus tard en renfort pour que la France se rassemble enfin dans l’adversité. Ce serait une faute majeure.

 Réfléchissons donc un instant : sans François Bayrou, le courant démocrate-chrétien serait chassé du Parlement alors que le centrisme compromis, le libéralisme dévoyé, le

gaullisme renié, y seraient, eux, installés, en force, La plupart de ceux qui ont consenti à toutes les petitesses, à toutes les grandes lâchetés, les centristes de pacotille, les radicaux de salon, les prétendus modérés qui se sont couchés devant l’ultradroitisation du tout-puissant Sarkozy, tous ces faquins, ces malotrus, ces derni-solde de la conscience politique, ces pseudo-moralistes vont revenir au Palais-Bourbon en plastronnant. On songe aux Méhaignerie, Morin, Borloo, etc. Ils jetteront des pelletées de moqueries sur Bayrou, le naïf qui, pour avoir eu l’audace de ses convictions,·serait renvoyé à la rue ! Il y a quelque chose qui cloche là-dedans, qui sonnerait mémé le glas de tant d’espérances en une autre politique dynamitant les vieux clivages qu’on ne saurait l’accepter ».

 + Le Monde 11 juin : Interview de Daniel Cohn-Bendit par Anne-Sophie Mercier

Quelques phrases du député européen EELV…

« M. Bayrou aurait mérité d’être à l’Assemblée nationale, il y aurait apporté quelque chose ».

« Bien sûr qu’il n’a pas manqué de panache [la journaliste : son appel à voter pour M. Hollande ne manquait pas de panache…], et alors ? Mais il faut bien reconnaître que le panache, parfois, ça ne sert à rien. Il n’empêche que si j’étais électeur dans cette circonscription, je voterais pour lui ».

« Ce qui m’intéresse dans la politique, c’est l’expression du pluralisme. Le sectarisme, ça me navre ».

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