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Tout le programme de François Bayrou

Pour rappel  (et diffusion) Voici un résumé de l’ensemble des propositions de François Bayrou dans son programme pour le prochain quinquennat.

 

Ier chapitre


Produire : 23 propositions « contre le surendettement, tout pour l’emploi »


23 propositions concrètes pour redresser nos finances publiques et reconquérir notre production.

Le premier devoir de l’État, c’est de mettre en ordre ses affaires ! Le premier devoir de l’État, c’est de bien gérer ! Le premier devoir de l’État, ce n’est pas d’accroître l’endettement qui est sur le point d’échapper à tout contrôle. Le premier devoir de l’État, c’est de mettre la France en état de sortir du surendettement, assez vite pour que ce soit crédible!

Notre ennemi, c’est le surendettement. Notre ennemi, c’est le chômage. Et nous allons les vaincre, ces deux ennemis, avec une politique d’ensemble, une méthode précise, un calendrier, et les Français auront les moyens de vérifier les résultats.

100 milliards à trouver

Le redressement des finances publiques de la France suppose baisse des dépenses (50 milliards d’euros) autant qu’augmentation des recettes (50 milliards d’euros). 50 milliards de dépenses, ce sont 20 milliards pour l’Etat, 20 milliards pour les organismes de Sécurité sociale (sur 600) et 10 milliards pour les collectivités locales.

Un statut pour les business-angels

Dans le monde des entreprises innovantes, il existe une disparité très grande entre les avantages consentis aux fonds de private equity, dont les intérêts d’acquisition sont fiscalement déductibles et les Business angels, qui soutiennent des créations de start-up, ne reçoivent aucun avantage fiscal équivalent. Il faut donc leur permettre pendant les premières années de leur investissement de déduire les pertes éventuelles de ces entreprises en développement de leur propre revenu imposable, au moins partiellement.

La participation par la négociation au sein des comités d’entreprise

Les comités d’entreprise sont déjà le lieu légal et obligatoire de l’information et de la consultation des représentants des salariés sur la vie de l’entreprise. Il faut étendre leur rôle à la négociation des conditions de travail et des rémunérations.

La création d’un livret d’épargne industrie

Il est besoin non seulement d’établissements mais de ressources nouvelles dédiées.

Un commissariat national aux stratégies

Le travail qui fut confié autrefois au Commissariat au Plan est plus nécessaire que jamais. Un pays confronté aux défis qui sont les nôtres a besoin de faire travailler ensemble tous les acteurs de son redressement. Ce Commissariat national aux stratégies doit être placé auprès du Président de la République et dirigé par une personnalité de grande autorité.

L’impôt sur le revenu plus équitable

Deux tranches supplémentaires seront créées, la tranche marginale actuelle à 41 % sera portée à 45 % ; et une tranche de solidarité pour les revenus supérieurs à 250 000 € par part sera créée à 50 %.

Mobiliser l’épargne des européens

Il y a dix ans, je me suis élevé au Parlement européen contre les normes comptables anglo-saxonnes excessivement court-termistes que l’on nous imposait. Aujourd’hui la Commission européenne et un nombre croissant d’économistes reconnaissent qu’il y a là un sujet majeur pour la compétitivité de l’Europe et le financement de son industrie.

Pas un euro de dépense publique en plus en 2013 et 2014

Un vrai programme d’économies passe par un principe : la France ne dépensera pas un euro de plus dans la sphère publique pendant deux années qu’elle n’aura dépensé en 2012. Ce principe « augmentation zéro en valeur » est exigeant. Il oblige à des redéploiements à l’intérieur des trois grands ordonnateurs de la dépense publique : l’État, la Sécurité Sociale, les collectivités locales, et peut-être entre ces trois ordonnateurs. En effet, les salaires et les retraites doivent respirer. Il faudra donc compenser sur les interventions. Mais au bout de ces deux années, les économies sont acquises : après on peut à nouveau suivre l’inflation. Ce principe permet de donner aux Français la vraie mesure de l’effort à accomplir pour se débarrasser des déficits.

La création d’un label indépendant

Plus de 60 % des consommateurs français souhaitent soutenir la production dans notre pays, que cette production soit le fait d’entreprises françaises ou d’entreprises à capitaux étrangers installées en France. Mais pour l’instant il est impossible pour l’immense majorité des produits de connaître la provenance, ou la part française dans le produit considéré. Or il y aura là, pour les industriels, un avantage compétitif qui peut être déterminant pour leur installation dans le pays.

Des accords cadres dans les branches

Les accords majoritaires dans les entreprises ne pourront s’imposer aux salariés minoritaires que s’ils sont encadrés par des accords cadres fixant, dans les branches, le cahier des charges de ces négociations et les marges admissibles des évolutions envisageables.

Une négociation nationale autour de la rénovation du climat social dans l’entreprise

Ce sujet est crucial. L’adaptation de l’entreprise à son environnement, à la conjoncture, exige l’association et la participation des salariés et de leurs organisations syndicales à la réflexion stratégique dans l’entreprise. La guerre froide sociale est un facteur de blocage. J’organiserai une négociation nationale entre partenaires sociaux sur ce thème, dont l’État sera facilitateur, mais dont il ne sera pas décideur. J’ai en effet décidé de sortir du blocage né de la posture de l’État dont tout le monde sait qu’il interviendra en fin de compte.

La mise en réseau des grandes entreprises et des PME

Les unes ont la maîtrise des processus de fabrication, des brevets, de la recherche appliquée, de grands réseaux commerciaux, les autres ont la capacité d’innovation. Incitation par la création d’un avantage fiscal lorsqu’une grande entreprise aura créé une structure d’investissement en direction des PME ou pris une participation dans une telle structure.

Equité et simplification de l’ISF

L’impôt sur la fortune deviendra une Contribution de solidarité sur le patrimoine (CSP). Pour tout patrimoine au-dessus de 1 million d’euro, compte tenu des abattements actuels inchangés, un revenu théorique de 1 % est intégré dans la base de l’Impôt sur le Revenu. Ainsi la progressivité est assurée et la solidarité aussi.

Une alliance entre l’Europe et les pays émergents

Je me refuse à faire des pays émergents les boucs émissaires de nos maux. Leur défi, c’est de sortir leurs populations de la pauvreté. Je proposerai à nos partenaires européens l’organisation d’un grand sommet Union Européenne / BRICS.

Un coup de rabot sur les niches

Certaines niches devront disparaître, comme non fondées : c’est le cas de l’exonération des revenus issus des heures supplémentaires. Ce coup de rabot devra atteindre 20 milliards en trois ans, dont dix milliards la première année. Total au terme des trois années : 20 Milliards.

Développer l’image de marque du « produit en France »

Quand les produits français ne sont pas choisis par les consommateurs nationaux, européens ou étrangers, c’est souvent, à prix égal, parce que l’image de marque de nos productions n’est pas suffisante. Nos concurrents, surtout allemands, sont considérés comme plus fiables, plus durables, même si la réalité ne confirme pas cette réputation. Il faut donc entreprendre un travail en profondeur sur l’image de marque de la France en tant que pays producteur.

Un crédit d’impôt innovation

La recherche est une donnée clé. Mais l’innovation, dans les processus de fabrication, dans le design est au moins aussi importante, notamment dans les PME. Je proposerai la création d’un crédit d’impôt innovation, parallèle au crédit impôt recherche.

Les salariés au Conseil d’administration de l’entreprise

La culture de la cogestion est bienfaisante. Tel est mon affirmation, et telle est une des principales raisons du retard français par rapport à la réactivité du tissu économique allemand. C’est d’ailleurs l’inspiration même qui fut celle du général de gaulle lorsqu’il défendait la participation. Non seulement participation aux résultats, mais participation à la stratégie et à la décision. Nous ferons entrer dans les entreprises de plus de 500 salariés d’abord les représentants des salariés dans les conseils d’administration des entreprises avec droit de vote.

La création d’une banque d’économie mixte décentralisée de soutien aux PME

Cette idée avance dans tous les programmes. Il est des besoins de financement, notamment en fonds propres, qui ne sont pas pris en compte aujourd’hui. Mais il est capital que cette structure soit décentralisée, qu’elle associe les collectivités locales à son action et qu’elle ne soit pas sous le seul contrôle de l’État. De tels établissements bancaires peuvent être soit organisés sur une base géographique, soit spécialisés sectoriellement (par exemple pour l’économie numérique). Ces banques pourront faire appel à des actionnaires nouveaux (type assurance-vie).

Inscription de la « règle d’or » dans la constitution

Dès 2007, je l’avais proposée en termes limpides : interdiction des déficits de fonctionnement en période de croissance. Je soutiendrai donc le traité européen qui exige cette règle de tous les pays de la zone euro, avec un court délai pour en mettre en œuvre l’application.

Un emploi sans charges pendant deux ans pour toute entreprise de moins de 50 salariés

Il y a cinq ans, j’avais proposé deux emplois sans charges par entreprise quelle que soit sa taille. La détérioration des finances du pays ne permet plus un tel projet. Mais le besoin demeure de débloquer l’emploi pour deux catégories de Français : les jeunes à la recherche de leur premier emploi dont le chômage s’accroît, et les chômeurs qui se trou- vent pour beaucoup bloqués dans leur recherche.

C’est pourquoi je propose à toute entreprise de moins de 50 salariés l’ouverture d’un droit à un emploi sans charges pendant deux ans, pourvu qu’il s’agisse d’un CDI (avec période d’essai) proposé à un jeune dont ce sera le premier emploi ou à un chômeur. Ce droit ne sera pas ouvert s’il y a eu préalablement suppression de poste de travail. Le coût de cette mesure peut être estimé à 2 milliards équilibrés par la suppression de l’exonération fiscale des revenus des heures supplémentaires.

C’est un coup de pouce très important pour les TPE artisanales et commerciales.

Une augmentation limitée de la TVA

Elle sera affectée au budget de la nation. Un point en 2012, un point (si la croissance n’est pas au rendez-vous) au 1er janvier 2014. Total au terme des trois années : 20 milliards.

Définition de priorités sectorielles pour la politique industrielle européenne

Énergies renouvelables et technologies de rupture énergétique ; biotechnologies ; nanotechnologies ; infrastructures. Je proposerai que 10 % du budget européen puissent être fléchés vers des fonds liés à ces priorités.

 

IIème chapitre


Instruire : 28 propositions pour « instruire, former, éduquer »


28 orientations précises pour que la France entre, en cinq ans, dans les dix premières nations du monde pour la qualité, la réputation et l’efficacité de son système éducatif.

L’école, c’est la République. Les blessures à l’école, les échecs, ce sont des blessures et des échecs pour la République. Les élèves en échec, ce sont des échecs pour toute la société française et pour tout le projet national qui est le nôtre.

L’école, c’est la République et c’est, pour ceux qui ont souci des valeurs qui sont les nôtres, c’est le projet humaniste par excellence. Ce qui est en jeu, ce n’est pas seulement l’économie, ce n’est pas seulement la capacité du pays, ce qui est en jeu, c’est l’épanouissement de chacun, non seulement l’épanouissement de l’esprit, mais l’épanouissement de tout l’être et de tous les êtres.

Restaurer la confiance de la nation dans ses enseignants

Je maintiendrai le décret qui définit le statut des enseignants. La définition du temps de travail est légitime. Il peut être réaménagé sur la base du volontariat, on peut faciliter, si on le souhaite, une présence plus importante dans l’établissement par exemple en construisant des bureaux, mais les procès perpétuels contre les enseignants sur le temps de travail doivent cesser.

Une autonomie nouvelle pour les chefs d’établissements

Donner aux chefs d’établissement des possibilités nouvelles par exemple recrutement direct des remplaçants, gestion des volumes d’heures pour organiser des soutiens individualisés ou en petit groupe. Je suis pour que cette autonomie nouvelle permette un meilleur service public au sein des établissements, de l’enseignement secondaire en particulier.

Un contrat de progrès entre l’école et la nation

Ce contrat doit garantir les moyens existants et en même temps préciser les objectifs que la nation assigne à l’école. Je conserverai le nombre d’enseignants actuels. Le progrès que nous nous assignons doit être vérifiable par tous, c’est pourquoi je fixe un objectif que, dans les cinq ans, l’école française entre dans les dix premiers du classement international pour la compréhension de l’écrit, le calcul, les connaissances scientifique et la lutte contre les disparités sociales.

Une meilleure information des élèves

Informer les élèves sur ce qu’ils ne maîtrisent pas, par exemple, les codes de comportement, d’habillement, de langage. Les chemins de la confiance en eux-mêmes sont des choses très sensibles mais ce sont des choses qui manquent cruellement à un très grand nombre d’élèves qui sont plongés dans un monde dont ils n’ont pas les clés et pas les codes. Il est du devoir de l’école de la République de les leur proposer, non pas de les leur imposer, mais de les expliquer pour qu’ils comprennent un certain nombre de réactions que le monde a à leur égard où qu’ils ont eux-mêmes à l’égard de ce monde.

Le nombre d’élèves par classe pensé en fonction de la réalité de la classe

Il faut penser le nombre d’élèves par classe en fonction, non pas de normes, mais de la réalité de la classe. À classe difficile petit nombre d’élèves, à classe équilibrée et de bon niveau, plus grand nombre d’élèves.

Développer l’e-learning

L’éducation numérique est très importante pour l’avenir. Il y a là un gisement de progrès considérable. En même temps, il n’y a pas d’éducation qui soit déshumanisée, il n’y a pas d’éducation qui soit entièrement dématérialisée et les ressources de ce que l’on appelle le e-learning sont, pour l’avenir, en même temps un immense enrichissement des possibilités de formation et de découverte, et un univers qu’il nous faut apprendre et que les jeunes, les élèves et les étudiants doivent apprendre. Je propose aussi une réflexion générale sur la coopération entre l’enseignement numérique et l’enseignement classique traditionnel dans les classes.

Des écoles de parents associatives

Le premier lieu de l’éducation c’est la famille : favoriser la mise en place d’écoles de parents associatives pour aider ceux qui ont des difficultés à accompagner leur enfant, me paraît là une vraie aide, une vraie assistance aussi aux enseignants.

 

Refonder l’articulation entre secondaire et supérieur

C’est une clé pour lutter en particulier contre l’échec des premiers cycles à l’université parce que ce que les élèves ne savent pas, c’est que l’université, c’est une connaissance que l’on se construit soi-même autant qu’on la reçoit. C’est la recherche dès les premières années, c’est un exercice d’autonomie. Il faut former à cette autonomie en Terminale. Je propose que la Terminale soit repensée comme une véritable propédeutique, on disait cela autrefois, une véritable entrée, préparation à l’entrée dans l’enseignement supérieur.

Mettre fin aux surcharges administratives

À l’école comme dans tous les autres secteurs d’activité, la surcharge paperassière étouffe, asphyxie et ne sert à rien. Il sera également mis fin à l’avalanche de circulaires de toute nature.

Défendre les concours de recrutement nationaux

Les concours de recrutements nationaux sont la voie la plus républicaine et la plus légitime pour sélectionner les enseignants du second degré. Ils sont anonymes, ils sont justes et permettent de juger réellement de la qualité d’une génération de candidats. Ils font partie de la fierté des corps d’enseignants en leur garantissant une légitimité. Je défendrai les concours de recrutements nationaux.

La découverte des métiers pour l’enseignement professionnel

L’enseignement professionnel doit reposer non pas sur l’élimination mais sur la vocation par la découverte des métiers, par l’alternance ou l’apprentissage. Et donc information sur les métiers tout au long du collège, découverte des entreprises et des chantiers pour que les élèves découvrent ce que sont ces activités dont ils entendent parler, mais qu’ils n’ont jamais rencontrées. C’était déjà l’idée du stage en troisième que nous avons créé en 1995 et dont tous les élèves et beaucoup d’entreprises sont très heureux.

Un plan de progrès continu

Un plan de progrès continu, inscrit dans le long terme pour vraiment changer les choses. Il faut cesser d’aller de fausses réformes en fausses réformes qui ne changent rien sur le fond mais déstabilisent perpétuellement l’Éducation nationale et, en même temps, le moral, la confiance professionnelle des enseignants et des parents. C’est de la fausse monnaie et il faut que cette fausse monnaie soit écartée.

Un emploi du temps des élèves de 30h maximum

Les rythmes scolaires doivent être reconstruits. Il n’est pas normal que l’école française soit celle qui concentre le plus d’heures de cours sur le moins de jours de classe. Les horaires des élèves, devoirs compris, ne devraient pas dépasser une charge horaire d’une trentaine d’heures par semaine, ce qui veut dire presque autant que leurs parents. Ceci signifie évidemment un allégement des horaires pour un grand nombre d’élèves. Les heures ainsi gagnées seront utiles aux enseignants pour le travail en commun, et aux établissements pour des programmes au choix qu’ils pourront élaborer.

Un collège « hors les murs » pour les élèves en échec

Le collège doit être diversifié. Il est normal et juste que la nation veuille garantir un bagage à tous les enfants, mais ce bagage de connaissances et de méthodes ne peut être apporté dans l’uniformité. Pour un certain nombre d’élèves en situation de rejet de l’école un « collège hors les murs » avec des pédagogies adaptées doit permettre une reconstruction et le retour, s’il le souhaite, à la voie classique.

Ouvrir des écoles du soir

Il faut ouvrir les établissements scolaires en dehors des heures de cours à la demande d’éducation de la société. Une école du soir « à la demande » avec une contribution modeste des apprenants doit être ouverte dans tous les établissements du second degré. L’initiative viendra de la demande de ceux qui veulent apprendre quelque chose. Il n’est pas normal que nos établissements soient fermés un jour sur deux dans l’année et ne servent à rien d’autre. La société a besoin qu’on lui propose une offre de formation générale.

Des méthodes pédagogiques définies par l’évaluation des résultats

La question des méthodes pédagogiques doit être tranchée non pas par l’idéologie mais par l’évaluation des résultats. Ce n’est ni au gouvernement ni au président de la République de trancher des méthodes d’apprentissage, c’est à la classe, au résultat effectif, à condition qu’aucune méthode ne se voie exclue pour raison idéologique. Et c’est donc par l’évaluation des résultats que l’on doit trancher de la question des méthodes.

Une conférence nationale sur le handicap

Des progrès ont été faits dans la scolarisation des enfants handicapés, mais des obstacles demeurent. Beaucoup d’enseignants se sentent démunis face au handicap. Je propose que l’on aborde cette question franchement dans le cadre de la Conférence nationale sur le handicap. Enfants handicapés dans leur scolarisation, cela mérite une réflexion et un soutien nouveau de la nation.

50% du temps de travail à l’école primaire consacré à la langue française

D’abord les bases et les bases d’abord. Il n’est aucune chance de réussite pour un élève qui n’a pas la maîtrise des fondamentaux. Je proposerai que, tant que cela est nécessaire, 50 % du temps scolaire à l’école primaire soit consacré à la maîtrise de l’écrit qu’on on dit actif et passif, et à la langue française en sa beauté à découvrir, en ce qu’elle peut exprimer de nuances, de richesses, en son vocabulaire. C’est un bagage pour la vie.

Reconstruire une année de formation des enseignants

La reconstruction d’une année de formation en alternance avec exercice dans la classe et transmission de l’expérience d’autres enseignants est impérative et étroitement liée au contrat de progrès dans l’Éducation nationale. Il s’agit du moyen et du seul moyen de familiariser les enseignants recrutés et débutant avec l’expérience de leurs collègues plus expérimentés et plus assurés. Il s’agit d’armer les jeunes enseignantes et de leur faire ainsi gagner des années d’expérience.

Développer l’apprentissage et l’alternance

Il faut un plan de développement de l’apprentissage et de l’alternance. Il faut que nous élucidions cette question : qu’est-ce qui bloque pour les entreprises ? Qu’est-ce qui bloque du côté de l’éducation ? Qu’est-ce qui bloque dans la destination de la taxe d’apprentissage ? Toutes ces questions-là devront être traitées pour que soit élaboré ce plan de développement dont nous avons besoin de l’apprentissage et de l’alternance.

Exclure la violence de l’école

Il faut refaire de l’école un lieu d’où la violence est exclue et où le respect est la règle entre élèves et enseignants, à l’égard des enseignants et dans la cour de récréation.

Faire les devoirs dans l’établissement

Les devoirs doivent être faits dans le cadre de l’établissement sous la surveillance de tuteurs, d’enseignants de l’établissement s’ils le souhaitent, d’enseignants à la retraite ou le plus souvent d’étudiants qui recevront une bourse pour se familiariser ainsi avec l’enseignement et servir de grands frères scolaires, de tuteurs ou d’appuis aux élèves plus jeunes. Ces bourses de tutorat doivent être offertes à coût réduit aisément accessible, elles pourront être offertes aussi en complément de leur retraite à des enseignants qui voudront encore servir, elles accroîtront la présence si nécessaire des adultes dans les établissements.

Le principe des programmes débattu au Parlement

Dans chaque discipline le « apprendre à apprendre » et le retour assidu aux bases doivent servir de socle. Les programmes doivent être écrits avec les enseignants en imposant la faisabilité sans précipitation et la simplicité de leur énoncé. Je propose qu’un débat parlementaire permette d’exposer à la nation le principe des programmes de son école et leur lisibilité.

Maîtrise de la lecture et de l’écriture à l’entrée au collège

Aucun élève ne doit entrer au collège sans qu’il soit garanti qu’il maîtrise la lecture et l’écriture. S’il est en défaut, une pédagogie adaptée doit lui permettre de reconstruire son rapport à l’écrit car le but n’est pas d’exclure, mais d’intégrer les élèves qui autrement seront perdus tout au long de leur scolarité.

Un grand plan santé à l’école

Les élèves français sont les plus frappés d’Europe par les addictions au cannabis, à l’alcool, par un certain nombre de comportements à risques. Une mobilisation notamment avec les étudiants en médecine, dans tous les établissements scolaires dans l’enseignement secondaire sera bienvenue et urgente pour lutter contre ces addictions.

Le repérage précoce des difficultés psychoaffectives

Les principales difficultés des élèves très jeunes sont psychoaffectives. Elles ne sont pas, pour la plupart du temps d’ordre pédagogique ou de l’ordre des capacités, comme on le dit. Les repérer tôt par une formation et un réseau adapté, c’est donner une chance de les résoudre soit au sein de l’école soit par l’intervention, plus souvent encore, de pédopsychiatres. Je trouve que ce repérage précoce des difficultés souvent affectives des élèves est un service à leur rendre et probablement la stratégie la plus efficace contre l’échec scolaire.

Un baccalauréat d’excellence littéraire et scientifique

Nous souffrons d’une double pénurie de scientifiques et de littéraires et cette double pénurie constatée dans tous les amphithéâtres est à mon sens dommageable pour la nation. Tout le monde s’accorde à reconnaître que, pour les scientifiques par exemple, cela présage d’une crise des vocations qui est extrêmement lourde. Nous devons réfléchir à l’organisation des baccalauréats et sur une nouvelle voie du baccalauréat qui sera un baccalauréat d’excellence générale à la fois littéraire et scientifique. L’obligation à choisir entre littéraire et scientifique pour un certain nombre d’élèves est, au fond, un choix trop difficile et ils n’arrivent pas à assumer et que beaucoup d’entre eux, et parmi les meilleurs, voudraient faire les deux.

Une évaluation des enseignants plus objective

La notation pédagogique des enseignants doit être assurée par des évaluateurs (corps d’inspection ou autres), expérimentés, de la même qualification au moins, de la même discipline que celui qui est ainsi évalué et non par le chef d’établissement étranger à la discipline enseignée. Au demeurant il n’y a rien à changer à l’équilibre actuel. Le chef d’établissement évalue déjà les capacités et les qualités des enseignants, individuellement, et son évaluation représente 40 % de la note attribuée. J’ajoute que plus on trouvera d’éléments objectifs pour assurer l’évaluation et plus j’approuverai cette évaluation.

 

IIIème chapitre


Construire : 24 propositions pour « un nouveau contrat social »


24 propositions pour que la liberté et la solidarité, ensemble, soient le fruit de politiques décidées en commun, soutenues, encouragées, conduites par la puissance publique.

 

Le projet de société que nous présentons et défendons devant les Français se résume en un mot : humanisme. L’humanisme est un projet à part entière qui considère que la personne humaine qui se libère des aliénations qu’on lui impose, dans sa liberté, dans la reconnaissance qu’on lui doit et qu’elle doit, dans son bien-être, sa force créatrice, est l’horizon des sociétés dans lesquelles nous vivons. C’est pourquoi nous pensons qu’humanisme signifie en même temps liberté et solidarité.

La liberté n’est pas un acquis, elle n’est pas naturelle, elle se construit et elle se construit contre un certain nombre de tendances naturelles de l’humanité. Ce qui est naturel, si on laisse faire, c’est la domination des forts sur les faibles, l’aliénation. La liberté se gagne par des conditions matérielles de dignité, de logement, de santé, de revenu, elle se protège par la loi, elle se construit par la culture et le parler droit.

La solidarité non plus n’a rien de naturel. Ce qui est naturel, c’est l’égoïsme. La solidarité au contraire exige le partage, l’élaboration de mécanismes de soutien, d’alerte. Donc la liberté et la solidarité, ensemble, sont le fruit de politiques décidées en commun, soutenues, encouragées, conduites par la puissance publique.

7 principes :

– Lutter contre la précarité
– La vraie solidarité, c’est de trouver et de garder un travail
– L’avenir de la protection sociale notamment pour la santé et la retraite, c’est la justice et l’équilibre des régimes
– Nouvelle conviction : le logement, c’est la clef de l’humanisation de la société
– Une autre certitude : la dépendance et le handicap doivent faire l’objet d’une politique commune d’aide à l’autonomie de la personne
– Pour une société à vocation humaniste, il est un sujet que l’on traite trop peu, c’est la lutte contre la solitude
– Intégration et lutte contre les discriminations
– Soutenir l’économie sociale et solidaire et les associations

L’accompagnement individuel pour les personnes en difficulté.

Les instruments de lutte contre la pauvreté existent : compétence sociale, protection de l’enfance, départements, caisses de Sécurité Sociale, Pôle Emploi, organismes d’HLM, missions locales, associations d’aide, familiales, etc. Mais ce qui manque, c’est la possibilité pour les personnes en difficulté de rencontrer ces interlocuteurs, de savoir qui il faut aller voir, de faire l’objet ou d’avoir la chance d’un diagnostic, d’être orientées et de ne pas être renvoyées, comme elles le sont, de guichet en guichet dans des problèmes administratifs insolubles. Je dis que l’essentiel est de mettre de l’ordre, de coordonner, de faire travailler ensemble ces administrations, compétences, associations diverses.

Une mutuelle logement pour couvrir les risques locatifs et remplacer les cautions.

Je mettrai en place une mutuelle logement, d’initiative publique, chargée de couvrir les risques locatifs et de remplacer toutes les cautions en garantissant contre tous les risques d’impayés ou de dégradation. Cette mutuelle se substituera au propriétaire lorsqu’il s’agira de rechercher les responsabilités et ne permettra pas de faire n’importe quoi, mais garantira à tous que les fautes de quelques-uns ne pénaliseront plus l’ensemble.

Un programme de cession des terrains à vocation sociale

Je mettrai en place un programme de cession des terrains à vocation sociale. Je ferai en sorte que l’État, les collectivités publiques, les organismes publics mettent le maximum de terrains à disposition pour la réalisation de programmes comportant des logements locatifs, sociaux et très sociaux, des logements en accession sociale, sous condition de mixité donc comportant aussi des logements à la vente ou à loyer libre ; ces terrains étant cédés à un prix inférieur au prix du marché dans le cadre d’un contrat imposant pour les logements sociaux des prix ou des loyers réellement accessibles.

Une carte des services qui prenne en compte les territoires

La carte des services, notamment des services d’urgence et de soins ambulatoires, des services de maternité par exemple, doit prendre en compte les territoires et la réalité de la vie que l’on y mène. Je suis opposé à la fermeture autoritaire des maternités de proximité.
Je pense qu’il est des services de proximité, l’urgence en particulier, l’urgence cardiovasculaire le soin ambulatoire, la maternité, ces services de proximité, on les doit à ceux qui vivent sur le territoire de la République. Il appartient à une société dont l’humanisme est la vocation de les garantir à tous les malades et à tous les territoires.

Revaloriser les petites retraites

Reste le problème lancinant des toutes petites retraites, des retraites à 400, 500 ou 700 euros. Le plan de rééquilibrage doit se poursuivre avec des objectifs inscrits dans la nouvelle loi-cadre que nous ferons adopter sur le principe d’une réforme des retraites et d’une réévaluation des toutes petites retraites qui sont dans notre pays quelque chose qui n’est pas acceptable durablement.

Instaurer des pénalités financières contre les discriminations salariales

La discrimination salariale doit disparaître et là, des pénalités financières dissuasives et effectives suffiront à régler la question.

Un droit effectif à la formation

Face aux mutations économiques et à la crise, il faut créer un droit effectif à la formation tout au long de la vie. Ce droit effectif, matérialisé par l’ouverture d’un compte formation continue, pourra être activé par le salarié lorsqu’il rencontrera des périodes de chômage partiel ou continu avec perte de salaire limitée.

La création d’un contrat de vie partagée

Je pense qu’un contrat de vie partagée, sans connotation de vie de couple, devrait être créé, ce qui permettrait de sécuriser et d’encourager à la vie commune en matière de fiscalité, de prévenir les difficultés des séparations, tout ce qui doit apporter sécurité, là où précisément les femmes et les hommes ont besoin de se rencontrer pour partager les difficultés de la vie.

Une autorité légitime pour l’ensemble des interventions

Pour coordonner, il faut qu’une autorité légitime mette de l’ordre dans le labyrinthe qui est celui des interventions. L’enjeu, c’est de permettre à tous ceux qui sont sortis des circuits de pouvoir prendre un départ nouveau.

Une nouvelle politique pour le logement ultra-social

Je défends l’idée que les logements ultra-sociaux proposés aux plus démunis soient à la fois, non pas concentrés mais diffusés et, pour être efficace, organisés aussi souvent que possible en petit ensembles de trois ou quatre logements avec un hôte ou une hôtesse chargé(e) de partager avec les personnes relogées l’immense travail de reconstruction humaine. À la fois une clef dans la poche et une présence humaine pour accompagner.

Renforcer les objectifs de la loi SRU

En ce qui concerne la loi SRU, je définirai un objectif renforcé à 25 % des logements sociaux dans les zones en tension. Afin, comme le demandait l’Abbé Pierre, que « nul ne s’abaisse à cette indignité de ne pas respecter la loi », c’était sa formule, j’imposerai que soit réellement mis en œuvre dans les collectivités qui n’agissent pas fortement dans le sens du respect de la loi, le transfert de compétences locales d’urbanisme de préemption et des permis de construire à des « préfets logement » désignés pour ces zones en tension. En effet, on peut augmenter les amendes tant que l’on veut, certaines collectivités riches préféreront toujours payer plutôt que de construire pour les moins favorisés.

Des maisons médicales avant le recours aux urgences

Je suis favorable, chaque fois que nécessaire, à l’installation, en amont des urgences hospitalières, de maisons médicales chargées d’accueillir l’urgence, qui soigneront en premier recours, consulteront, prescriront ou orienteront vers le service hospitalier voisin les urgences réelles qui nécessitent recours ou examen approfondi. Ces maisons médicales d’urgence dont nombre de départements ont commencé à se doter regrouperont des personnels hospitaliers et des médecins ou des infirmières ou des infirmiers de ville. Le service auprès de la personne en consultation sera mieux assumé, mieux garanti et coûtera, cela compte, beaucoup moins cher.

Elargir le numerus clausus

Il faut une politique active maintenant de suppression des déserts médicaux. Nous nous devons être prêts à élargir le numerus clausus par la négociation, contractuellement, mais en fléchant en même temps un certain nombre de postes vers des affectations temporaires de quelques années, là où l’on en aura le plus besoin.

Remettre à plat les crédits de la formation professionnelle

Une remise à plat des crédits dispersés de la formation professionnelle s’impose. S’il existe un labyrinthe, alors la formation professionnelle en est un, 25 milliards, 30 milliards, on ne sait plus exactement. S’il est un secteur où l’on est certain que des masses très importantes d’argent public pourraient être mieux utilisées, la formation professionnelle en est un. On ne sortira pas du désordre sans que soit mise en place cette institution de coordination qui a été préconisée par la Cour des Comptes. Une Agence nationale dont la mission sera de transparence et de stratégie, de mise en ordre du secteur de la formation professionnelle, sera créée.

Mieux reconnaitre les réussites issues de l’immigration

La priorité, pour moi, c’est de mieux reconnaître les réussites issues en particulier de l’immigration, de leur donner toute leur place et leur reconnaissance dans la société. Les bourses de mérite doivent être généralisées.

Une Agence nationale de l’orientation

Nous avons, toute la société française, un problème de connaissance et de reconnaissance des métiers.
L’orientation ne peut pas être seulement une orientation scolaire. Elle doit être plus largement une orientation vers l’emploi, vers le métier, de l’école à l’emploi, de l’inactivité à l’emploi. Je propose une Agence nationale de l’orientation, qui sera chargée d’organiser le labyrinthe que représente l’orientation pour un jeune qui cherche son chemin ou qui n’a pas trouvé la porte d’accès à un emploi qui le satisfasse.

Un plan « Face à la dépendance »

Je lancerai un plan qui s’appellera « Face à la dépendance » qui devra capitaliser sur l’expérience acquise depuis une dizaine d’années au moins, sur le travail des médecins, des associations, de la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie, qui fera jouer tous les leviers disponibles, recherche médicale et pharmacologique, amélioration de la prise en charge dans les maisons de retraite et les hôpitaux, construction d’une offre plus abordable pour les familles, appui aux aidants et mise en œuvre de la solidarité nationale.

Des préfets chargés du logement et de la cohésion sociale

Je nommerai des préfets chargés du logement et de la cohésion sociale dont la mission sera de réunir tous les acteurs du logement, agglomération par agglomération, pour identifier les blocages, les pistes nouvelles et proposer, prendre en main s’il le faut, des solutions efficaces.

Pour la création d’un bouclier santé

Lorsqu’une personne sort des minima sociaux, qu’elle n’est plus prise en charge par la CMU ou la CMUC, elle prend de plein fouet la baisse des remboursements et en même temps les cotisations supplémentaires qui sont dues. C’est dans ces populations que l’on trouve ceux qui n’ont plus les moyens de se soigner, les abandonnés de la santé. Je veux défendre l’idée d’un Bouclier santé. Ce bouclier santé peut être financé en gérant autrement, en employant autrement l’argent consacré aujourd’hui à l’aide complémentaire santé.

Ouvrir la formation des médecins

La formation des médecins devrait s’ouvrir à d’autre parcours que simplement scientifique. La médecine est scientifique bien sûr, mais elle n’est pas que scientifique, elle est aussi sensibilité, capacité de communication, sens de l’observation. Cela devrait être pris en compte dans les études médicales pour offrir la chance de faire rencontrer cette vocation à des profils différents, des profils éminents, brillants, exceptionnels que nous avons aujourd’hui, mais qui méritent d’être enrichis.

Un régime de retraite par points

Depuis dix ans, je préconise la construction d’un régime de retraite par points ou, pour le dire en langage plus choisi, un régime de retraite par répartition fondé sur des comptes individuels retraçant précisément les droits acquis par le salarié.

C’est une réforme majeure qui a plusieurs avantages :
– Les comptes des régimes de retraite sont, une fois la réforme mise en place, obligatoirement équilibrés entre cotisations et pensions.
– Pour les assurés, la transparence est garantie. A tout moment, le salarié sait où il en est, ce que sont ses droits, ce que sera sa pension en fonction de la date de départ à la retraite. Troisièmement, c’est un système plus juste car il peut prendre en compte différemment les travaux pénibles, difficiles, astreignants, les travaux de nuit ou les travaux physiquement lourds, et les activités qui sont moins pénalisantes pour la santé.
– Enfin, ce régime donne la liberté. Chacun peut choisir de partir plus tôt ou plus tard en fonction de ses choix ou de sa vie, ou encore de cotiser davantage pour racheter des points. À terme, on peut même sans difficulté envisager la suppression de l’âge légal fixé pour le départ à la retraite, chacun étant maître de choisir le moment où il s’en va et le niveau de pension qui sera le sien. Je veux être garant d’une vraie architecture des retraites pour l’avenir, au-delà même du temps où nous exercerons des responsabilités, de manière définitive. Pour cela, il faut les réformer en tenant compte de tous les droits acquis avec le délai nécessaire pour éviter les à-coups brutaux.

Introduire le mode de scrutin proportionnel pour obtenir l’égalité hommes / femmes à l’Assemblée

La France ne peut pas en rester à l’échec constant qui est le sien dans ce domaine de l’égalité entre les femmes et les hommes. Nous sommes soixantième en matière d’égalité civique, soixantième pour la présence des femmes au parlement et bien plus loin encore dans les classements en matière d’inégalité salariale !
La discrimination politique doit disparaître, les pénalités ne suffisent pas. Il n’y a qu’une seule voie pour garantir la fin de la discrimination politique, c’est le changement de la règle électorale avec l’introduction d’une part de proportionnelle non marginale dans la représentation parlementaire !

Vers un contrat de travail unique

Je proposerai aux partenaires sociaux, sans toucher aux contrats déjà signés, de réfléchir à une simplification du contrat de travail et même à un contrat de travail unique à durée indéterminée qui pourrait être interrompu avec des indemnités fixées à l’avance, suffisamment généreuses pour apporter à tous les salariés une garantie progressive, au moins du niveau de ce qu’accordent en général les prudhommes en cas de rupture abusive du contrat de travail.

Combiner solidarité nationale et mutualisation du risque

Aujourd’hui, lorsqu’une personne âgée entre dans une maison de retraite médicalisée, elle doit supporter avec sa famille un reste à charge qui est important et, dans bien des cas, excessif. Le plus modéré est de l’ordre de mille euros, souvent bien plus et en Région parisienne beaucoup plus. Dans le respect de l’équilibre des comptes, nous devrons mettre en œuvre un nouveau mode de financement pour réduire ce reste à charge en tirant tout le parti possible de la solidarité nationale et de la mutualisation du risque.

Je souhaite également que la Caisse des Dépôts et Consignations puisse, en coopération avec les collectivités locales et le secteur associatif, participer à la construction d’une prise en charge plus abordable pour les familles et je connais, lorsqu’il s’agit de malades très lourds, dans une étape ultérieure de la dépendance, la responsabilité de l’État en matière d’offre de lits de médicalisation pour des établissements spécialisés. Au bout du compte, j’ai la certitude qu’il conviendra d’inciter fortement, peut-être un jour de rendre obligatoire à partir d’un certain âge, pas trop tardif, une démarche de prévoyance de la dépendance qui combinera solidarité nationale et mutualisation des risques.

 

IVème chapitre


Construire : 20 propositions pour « un nouveau contrat démocratique »

 

20 propositions qui se traduiront dès le 10 juin par un référendum consacré à la moralisation de la vie publique.

Il s’agit de faire de la France un pays respectable, enfin dans ses institutions, respecté dans le fonctionnement de son pouvoir. Il s’agit plus profondément de rendre ou de donner à la France et aux Français quelque chose qu’ils ont perdu depuis longtemps, c’est l’estime et le respect envers ceux qui les gouvernent.

Un référendum le 10 juin, jour du 1er tour des élections législatives

Elu Président de la République le 6 mai, j’organiserai donc le 10 juin, jour du premier tour de l’élection législative et en même temps que celle-ci, un référendum de moralisation de la vie publique en France. Je soumettrai aux Français directement avec le gouvernement que j’aurai nommé une loi-cadre, conformément à l’article 11 de la Constitution de la République. Ainsi, en quatre semaines et un dimanche, nous règlerons et trancherons ces questions qui demeurent insolubles depuis des lustres et des décennies faute de volonté.
Ainsi, nous sortirons immédiatement du champ des promesses différées, des promesses pour demain, des promesses pour l’année prochaine, des promesses pour dans cinq ans et qui n’entrent jamais dans la réalité. Le résultat sera immédiat et il sera en même temps acquis pour l’avenir.

Ce référendum du 10 juin rétablira les principes d’une vie démocratique saine, équilibrée. Il mettra un terme au risque de comportements abusifs et de conflits d’intérêt. Il rétablira les principes de la séparation des pouvoirs, il rendra intangible et protégera pour l’avenir l’indépendance de la justice, il protégera l’indépendance des médias et notamment des médias publics. Il posera les principes d’une loi électorale juste pour les élections suivantes et il reconnaîtra le vote blanc. Il réformera les règles de financement de la vie publique pour en extirper les abus et il imposera la parité dans la représentation.

Bannir de l’Elysée les comportements partisans

Élu Président de la République, je bannirai de l’Élysée les comportements partisans, en particulier je veillerai à ce que disparaissent les habitudes sectaires qui exigent des fonctionnaires de responsabilité qu’ils se soumettent au parti au pouvoir. Je l’ai combattu lorsque c’était un camp qui était là et je ne l’accepterai pas lorsque l’autre camp arrivera en annonçant à l’avance qu’il faudra que s’en aillent ceux qui ne partagent pas son sentiment.

Les médias indépendants

La loi-cadre, décidée par le référendum, protégera pour l’avenir l’indépendance des médias, en particulier elle mettra un terme à la procédure scandaleuse qui fait de la nomination des présidents de l’audiovisuel public l’apanage personnel du chef de l’État.

La fin des micro-partis

Le référendum mettra un terme aux dérives du financement de la vie publique. Il supprimera donc la myriade de micro-partis individuels ou de complaisance, ils sont près de 300 en France, qui n’ont d’autres but que d’assurer des financements illicites à ceux qui n’acceptent pas les disciplines de notre loi.

Une réduction du nombre de sénateurs

La réduction nécessaire du nombre des sièges s’appliquera à l’Assemblée Nationale aussi bien qu’au Sénat, après discussion et concertation avec les assemblées et avec l’ensemble des forces politiques françaises.

La présence effective des parlementaires en séance

Le référendum du 10 juin créera une règle nouvelle pour la participation effective des députés au vote de la loi. Comme au parlement européen, le vote ne pourra plus être délégué, il obligera à la présence effective du député et tous les votes seront publics.

Moraliser la vie publique, un objectif de tout premier plan

Je ferai une vie politique honnête et insoupçonnable parce que je serai un président libre, lié à aucun réseau, ne trimbalant aucune affaire lointaine et que j’aurai pour le faire le soutien des Français. Ayant réfléchi depuis des années à ce sujet, ayant rompu des lances, ayant combattu toutes les affaires dont j’ai eu connaissance, n’ayant jamais cédé à aucune intimidation, j’ai pris mes résolutions. : pour rétablir les principes de la République, les simples principes de l’éducation civique, il faut donc en passer par la seule autorité qui vaille, qui est l’autorité directe des Français.

Reconstruire l’impartialité de l’Etat

N’étant prisonnier d’aucun réseau et d’aucune force de pression je reconstruirai l’impartialité de l’État.

Sous ma responsabilité au sein de l’État, on progressera et on sera nommé en fonction de la compétence et de la capacité et pas en fonction de la carte du parti, pas en fonction de la soumission et de la complaisance, mais en fonction de l’indépendance et du caractère.

Je serai le président de l’État impartial, le président libre d’une République honnête.

La fin des nominations de complaisance

La loi-cadre adoptée par référendum fixera une procédure nouvelle pour éviter les nominations de complaisance et les soumettre à une véritable approbation, c’est-à-dire à un véritable contrôle du parlement, non pas une pseudo-approbation et un pseudo-contrôle comme maintenant où l’on exige une majorité qualifiée, non pas pour approuver mais pour refuser ce qui signifie naturellement que tout refus est hors d’atteinte de l’expression de bonne foi.

Une législation stricte sur les conflits d’intérêt avec une Autorité de déontologie de la vie publique

Le référendum définira le conflit d’intérêt, obligera à la déclaration publique des intérêts privés avant l’entrée dans la fonction et lors de toute modification. Il fixera les incompatibilités, il traitera aussi bien des responsables politiques que des hauts fonctionnaires.

Il assurera la transparence des fonctions, des ressources et des avantages. Il instituera une autorité de déontologie de la vie publique qui pourra être saisie directement par les citoyens et la loi-cadre empêchera le retour dans la vie publique avant une période suffisamment longue des élus condamnés pour corruption.

La parité obligatoire

Le référendum renforcera l’obligation de parité pour que l’on sorte enfin de cette anomalie qui met la France à la 61ème place parmi les pays du monde pour la place des femmes dans la vie publique.

Une nouvelle loi électorale

Le référendum du 10 juin fixera les principes d’une nouvelle loi électorale pour l’avenir et d’une nouvelle composition de l’Assemblée nationale qui ne seront pas comme à l’habitude repoussés aux calendes grecques mais bel et bien tranchés par le peuple français.

Un gouvernement de moins de 20 ministres

Le référendum du 10 juin fixera les règles de composition d’un gouvernement resserré, composé de moins de 20 ministres, tous ministères compris.

Une nouvelle conception de la fonction présidentielle

Pour moi, le Président de la République a une autre mission qui a été très mal remplie ces dernières années, il a une mission de pédagogie civique. Il a le devoir de porter à leur plus haut, selon la phrase de Marc Sangnier que nous aimons beaucoup dans cette salle, « la conscience et la responsabilité des citoyens ». Il doit donc s’obliger à leur expliquer tout au long des années le cap à suivre, les orages qui se lèvent, les raisons de ses choix, les succès et les insuccès quand il y en aura, car probablement il y en aura.

Il doit, semaine après semaine, s’exprimer à l’égard de ses concitoyens en n’oubliant jamais qu’ils sont le peuple souverain, qu’il faut leur rendre des comptes à ce titre et les entraîner au plein exercice de cette fonction avec simplicité, avec empathie, avec toute sa raison et sa sensibilité. Il doit partager, avec ses concitoyens qui lui ont confié la mission, sa connaissance du monde, de ses risques et de ses chances. Il doit bannir la communication artificielle et les « coups » au profit du dialogue civique.

C’est le seul moyen au bout du compte, en ces temps tourmentés, de recueillir leur adhésion et leur estime qui, seules, permettent d’agir. Il n’est pas un magicien, le Président de la République, il est l’artisan humble du progrès du peuple français.

Réécrire la loi sur la réforme des collectivités territoriales

Cette loi devra être remise sur le métier dans une démarche d’unité nationale qui permettra de clarifier, de rationaliser, de légitimer les règles de cette vie locale. Mais je veux dire ceci : pour moi, l’élu local, au féminin comme au masculin, est précieux et il faut le soutenir.

Ces dernières années, les élus locaux ont eu le sentiment que l’on ne cessait de les harceler, de les délégitimer, de les poursuivre de réformes qui, en fait, visaient toutes à les affaiblir.

Ils ont vécu sous le règne du « plus gros c’est toujours mieux », le « big is beautiful » qui est le totem de la pensée unique. Je veux leur dire que je ne crois pas que ce soit toujours mieux quand c’est plus gros. Le « big is beautiful » ce n’est pas ma culture et ce n’est pas ma vision du monde. Je sais ce que représente l’investissement du maire, des adjoints, des conseillers, dans le tissu local.

Un Garde des Sceaux et une justice indépendants

Le référendum rendra intangible et protégera pour l’avenir l’indépendance de la justice. Le ministre de la justice Garde des Sceaux deviendra un ministre de statut particulier dont la nomination proposée par le Premier Ministre et le Président de la République sera soumise à l’approbation d’une majorité qualifiée du Parlement devant qui il sera responsable et par qui il pourra être censuré. Doté de cette légitimité renforcée, il conduira au nom du gouvernement la politique pénale de la nation. C’était une manière de trancher le débat que vous avez eu ce matin et au fond qui répond assez bien aux deux aspirations : il faut un responsable pour conduire la politique de la nation de manière à ce que ce ne soit pas l’arbitraire local qui l’emporte et il faut en même temps que ce responsable soit investi d’une légitimité politique suffisante et qu’il ne soit pas simplement un magistrat de haut rang.

La reconnaissance du vote blanc

Dans le cadre de toutes les élections, le référendum instituera la reconnaissance du vote blanc car voter blanc, ce sera désormais un vote exprimé.

Une réduction du nombre de députés

Les principes seront ceux-ci : le nombre des députés sera diminué d’un tiers, ce qui fera de l’ordre de 400 députés au lieu de 577 aujourd’hui. Je rappelle qu’aux États-Unis, pour un peuple de plus de 310 millions d’habitants, le nombre des représentants, ce que nous appelons les députés en France, est fixé à 435 et les sénateurs sont au nombre de 100. Le référendum fixera une loi électorale qui conservera comme aujourd’hui les trois quarts des sièges élus comme maintenant au scrutin majoritaire. Un quart des sièges sera disponible pour une attribution au scrutin proportionnel. La règle favorisera deux impératifs : dégager une majorité et représenter enfin de manière substantielle les courants d’opinion qui passent la barre de 5 % des voix à l’Assemblée nationale.

La fin du cumul des mandats

Le référendum du 10 juin interdira les cumuls de mandat pour les députés et les limitera pour les sénateurs. Cette loi étant votée le jour même du premier tour, son adoption rendra l’interdiction du cumul effective non pas pour le futur lointain, mais pour l’Assemblée Nationale élue au mois de juin. Au lieu de reporter à demain, nous allons trancher le jour même.

Défendre les corps intermédiaires

Nous voulons rétablir la confiance, défendre les corps intermédiaires et organiser, favoriser ainsi le progrès social dans notre pays. Nous sommes là pour que cessent les pratiques locales et nationales de verrouillage et d’utilisation de l’argent public au profit des mêmes. Nous sommes là pour que des règles nouvelles et intransigeantes viennent assurer aux Français que le pouvoir sera honnête, que la République sera honnête et loyale parce que nous pensons que la République n’est pas, si elle n’a pas l’honnêteté et la loyauté sans lesquelles la confiance ne se construit pas.

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