ETAT D’URGENCE

Le livre de François BAYROU n’est pas un essai programmatique. Il s’agit d’une analyse honnête et courageuse de l’état de la société française ; il s’agit d’un projet politique qui veut se démarquer et rassembler. Car il faut répondre à ce qu’il appelle l’état d’urgence.

Un projet courageux pour rassembler une majorité nouvelle

Et non pas une majorité pour « monnayer » un projet qui plaise à tout le monde…C’est bien là que se trouve la position « indépendante » du MODEM.

C’est bien là, et non pas sur certaines idées, que diffèrent BAYROU et BORLOO. Mais c’est fondamental. Ce qui  gêne chez BORLOO (et ses amis) c’est la crédibilité. Sa déception récente (il briguait le poste de 1er ministre) a sonné la charge contre son ami Nicolas…Lui qui a cautionné toutes les propositions gouvernementales depuis 2007, sans avoir d’impact significatif dans le gouvernement Fillon. Lui qui a d’ores et déjà annoncé par avance son ralliement à une majorité politique, puisqu’il appelle à un report de voix sur l’UMP au second tour…

Un projet qui dit la vérité

Sur la dette notamment, et la nécessaire réduction des déficits. François BAYROU fait le bon choix en décidant de soutenir le principe de la règle d’or, tout en  précisant ses conditions. Ce n’est pas un ralliement de circonstances, comme on voudrait le faire croire, c’est une position honnête, depuis longtemps affirmée.

La vérité c’est notamment de dire que c’est en dizaines voire en centaines de milliards d’euros que se chiffrent nos besoins de financements pour assurer notre protection sociale et maintenir le pacte républicain.

C’est de dire qu’il faut proposer autre chose (notamment une CSG sociale) que le seul non remplacement des départs à la retraite des fonctionnaires. Celui-ci a « rapporté » dans l’Education Nationale à peine 1/2 milliard d’euros et provoqué de fortes dégradations dans les conditions d’accueil, d’apprentissage, de soutien et de sécurité dans nos écoles. La réalité et les solutions ne sont pas dans l’application des principes néolibéraux qui sabrent dogmatiquement et aveuglément dans les dépenses.

C’est de dire qu’il faut trouver autre chose que la seule taxation de la richesse que prône la gauche de la gauche ! Même si la solidarité mérite qu’on s’y attarde aussi symboliquement. Taxer les 80 000 français les plus riches ne rapportait pas même 1/2 milliard de dollars.

Et qu’il faut trouver autre chose que les solutions nationalistes, souverainistes, protectionnistes. « Se retirer de l’euro et laisser courir l’inflation ou créer de la monnaie à tire-larigot conduirait à la ruine de notre pays, à commencer par les petits épargnants qui ont, par sécurité, pris des bons du trésor et autres obligations d’Etat. Faire de jolis dessins sur le papier c’est bien , mais il faut que le morceau de papier soit assis sur une crédibilité industrielle, économique, financière et budgétaire ».(Marianne 2- Blog )

Un projet qui porte un « espoir crédible » au centre

Il n’ y aura d’espoir qu’au centre de l’échiquier politique, hors la droite néolibérale et son logiciel à bout de souffle, hors la gauche institutionnelle enfermée dans son passé et ses alliances forcées, hors les souverainismes et nationalismes suicidaires et populistes.

François BAYROU est le représentant le plus crédible (n’en déplaise à BORLOO !) de ce concept politique d’espoir crédible. C’est le créneau naturel du centrisme, de la démocratie sociale.

PRODUIRE ET INSTRUIRE seront les deux piliers du projet du MODEM pour 2012… C’est en produisant en France qu’on luttera contre le chômage de masse, qu’on réduira le déficit commercial abyssal, qu’on réduira la dette…et notre crédibilité, qu’on autorisera notre indépendance énergétique et notre recherche dans les énergies renouvelables.

C’est en améliorant l’efficacité de notre système éducatif, l’intégration et la préparation crédible aux parcours professionnels, que l’on redonnera confiance aux jeunes.

C’est en reconstruisant notre démocratie, en rendant conscience et responsabilités aux citoyens, en assurant l’indépendance des pouvoirs, en rétablissant une éthique politique, qu’on rétablira la cohésion sociale

L’urgence c’est de rassembler autour d’un projet volontariste qui sorte la France de la spirale de la dette et de la méfiance, de la rupture du pacte social républicain, des inquiétudes et des inégalités.

Daniel BERTIN

Président du MODEM 71

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